Photo : Eldesiertoflorido

Photo : Eldesiertoflorido

 

Quand on voyage, on pense toujours à se renseigner sur les vols, les hébergements et sur les sites à visiter, mais parfois on oublie que désert n'est pas forcément synonyme de chaleur, que la haute altitude en Europe n'est pas la même qu'au Chili ou que tout simplement, l'idée que l'on se faisait n'était pas la bonne. Nous vous proposons donc ici un résumé que nous espérons exhaustif et qui vous permettra de préparer au mieux votre voyage.

 

Manque d'information de la part des agences de tourisme, idées toutes faites sur le désert, informations erronées sur les forums ou blog de voyage, etc... Les raisons d'avoir des surprises à son arrivée à San Pedro d'Atacama ne manquent pas. Après des années en contact avec les voyageurs de passage dans le village, force est de constater que ces surprises ont parfois laisser un goût amer aux visiteurs qui s'attendaient à autre chose.

Pour faire un point sur tout ce qu'on a pu lire ou entendre - de la part des voyageurs, des guides, des agences, sur les forums ou sur les blogs de voyageurs - voici un récapitulatif commenté des informations que vous trouverez ici et là sur San Pedro d'Atacama.

A gauche : volcan Licancabur / A droite : volcan Juriques / Vue depuis l'oasis de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

A gauche : volcan Licancabur / A droite : volcan Juriques / Vue depuis l'oasis de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

 

Le désert d'Atacama

 

> Dans le désert il fait toujours chaud.

Malheureusement non... Dans tous les déserts, l'amplitude thermique est extrêmement importante : comptez environ 20 degrés de moins la nuit que la journée. Dans le cas qui nous intéresse : San Pedro d'Atacama, il vous faudra également prendre en compte que nous sommes ici en altitude. A 2.450 mètres, c'est à dire dans le village, en été (de novembre à mars) il fait chaud la journée, et la nuit les températures sont douces. Toujours à 2.450 mètres mais en hiver (de juin à août), la journée il fait doux et la nuit il fait de "froid" à "très très froid" et on passe régulièrement en dessous de zéro.

Au cours de vos excursions (Geysers du Tatio - Lagunes altiplaniques - Tara - Pierres Rouges) vous quitterez le désert d'Atacama pour vous aventurez dans les Andes, en montagne donc, et là les températures chutent drastiquement. En été il fera doux pendant la journée, et froid au moment du lever et du coucher de soleil. En hiver, il fera froid la journée et extrêmement froid pour les levers et couchers de soleil. En toute saison, si le vent est de la partie, les températures ressenties seront plus fraiches.

Nos conseils : N'oubliez pas dans vos valises de quoi vous protéger du soleil (crème solaire, lunettes de soleil, chapeau ou casquette) mais également de quoi vous protégez du froid selon la saison de votre séjour et les excursions que vous avez prévues. 

Lagune Miscanti sous 2 mètres de neige (Photo : Eldesiertoflorido).

Lagune Miscanti sous 2 mètres de neige (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Il ne pleut jamais dans le désert d'Atacama.

Oui et non... Il y a effectivement certains endroits du désert d'Atacama où on a jamais enregistré de précipitations : ce n'est pas le cas de San Pedro d'Atacama situé aux pieds des Andes et où des précipitations peuvent survenir, notamment en été. Il s'agit du phénomène appellé "Hiver altiplanique" ou "pluies estivales". Après une longue période de sécheresse, ces dernières années, le phénomène s'est fait plus systématique et entraine parfois la fermeture de certaines routes et donc l'annulation d'excursions. En hiver, si des précipitations tombent en altitude, ce sont les passages frontières entre le Chili, la Bolivie et l'Argentine qui peuvent être fermés, et les excursions les plus hautes en altitude annulées. Voir ici nos articles sur les pluies de 2012, 2013, et les chutes de neige en 2013 et 2014.

Nos conseils : Si vous pouvez choisir les dates de votre séjour, évitez les mois d'été (de décembre à mars). Privilégiez les mi-saisons, en avril - mai et en septembre - octobre, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour éviter les températures extrêmes et les éventuels aléas climatiques.

Village de San Pedro d'Atacama en février 2013 (Photo : C. del Rio).

Village de San Pedro d'Atacama en février 2013 (Photo : C. del Rio).

Arc-en-ciel après la pluie, San Pedro d'Atacama en février 2012 (Photo : Eldesiertoflorido).

Arc-en-ciel après la pluie, San Pedro d'Atacama en février 2012 (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Le désert, c'est des dunes de sable et des palmiers.

Oui et non... Là encore, dans certains endroits de notre désert on peut effectivement observer des dunes. Mais ce serait vous mentir que de vous affirmer que vous verrez ici les paysages du Sahara et que vous serez à San Pedro d'Atacama dans un oasis des mille et une nuits. Le désert d'Atacama est avant tout un désert rocailleux, et même si l'on peut voir des dunes dans la cordillère de sel, notamment au cours de l'excursion de la Vallée de la lune, elles ne sont pas légion. Quant aux palmiers, il y en a bien un ou deux importés et plantés par les habitants, mais la végétation originelle et majoritaire de l'oasis de San Pedro d'Atacama sont les chañars et les algarrobos (carroubiers)... Très jolis aussi au demeurant !

Nos conseils : Le désert d'Atacama est certes un désert mais pas forcément celui que vous imaginez : profitez-en pour vous faire une autre idée du désert et pour apprécier pleinement les paysages magnifiques, surprenants et incroyablement variés du désert d'Atacama.

Dune de sable, vallée de la Mort (Photo : Eldesiertoflorido).

Dune de sable, vallée de la Mort (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Le désert d'Atacama est le cadre idéal pour faire son petit "Dakar" personnel.

NON ! Avec la médiatisation du Dakar dans la région (entre 2009 et 2015), nous avons vu débarqué un certains nombres de voyageurs prêts à en découdre avec le désert à bord de leur 4x4 de location ou montés sur leur moto... Malheureusement, tout le monde n'est pas fait du même bois que Peterhansel et de plus, si le Dakar ne passe plus par le Chili, ce n'est pas sans raison. Destruction de sites archéologiques, de géoglyphes, de zones naturelles protégées, de chemins ancestraux, etc... la liste des méfaits du Dakar est longue et ceux qui s'essayent à expérimenter les sensations des coureurs du célèbre rallye se rendent généralement coupables des mêmes délis (passible d'amendes et d'emprisonnement). Rajouter à cela les mines anti-personnel présentes un peu partout dans la région et le manque d'expérience des aventuriers-amateurs, et vous obtenez un cocktail dangereux pour le désert et pour les visiteurs eux-mêmes.

Nos conseils : Restez sur les routes et les pistes balisées, elles ne manquent pas et vous éviteront de détruire le patrimoine naturel et culturel de la région, tout en vous assurant un minimum de sécurité. Nous avons malheureusement dû à plusieurs reprises assister des voyageurs victimes d'accidents, parfois extrêmement graves, et les histoires tristes ne sont pas nos préférées...

Site de géoglyphes détérioré par la caravane du Dakar au Chili (Source et photo : Colegio de Arqueólogos de Chile, A.G.)

Site de géoglyphes détérioré par la caravane du Dakar au Chili (Source et photo : Colegio de Arqueólogos de Chile, A.G.)

 

> En visitant la région de San Pedro d'Atacama, j'aurai fait le tour du désert d'Atacama.

Non : San Pedro d'Atacama est certes dans le désert d'Atacama mais en visitant le coin vous n'aurez vu qu'un millionième du désert et surtout pas la partie la plus représentative. En effet, le désert d'Atacama s'étend sur 4 régions chiliennes et une partie du sud du Pérou, de l'océan pacifique jusqu'au pied de la Cordillère des Andes. C'est le désert le plus aride du monde et sur la grande majorité de sa surperficie il n'y a pas âme qui vive, pas une plante, pas un insecte, faute d'eau. Les seules zones habitées (si on excepte les mines qui se sont installées là où elles ont trouvé de quoi extraire) sont la côte avec les villes telles que Arica, Iquique, Antofagasta, Taltal par exemple et les bords de la cordillère des Andes avec les oasis de San Pedro d'Atacama ou Pica. Le reste du désert se traverse plus qu'il ne se visite.

Nos conseils : Si vous voulez vraiment goûter l'ivresse de l'immensité du désert d'Atacama, c'est possible, mais ça n'est pas franchement passionnant. Vous roulerez sur des centaines de kilomètres sur des routes toutes droites entourées de paysages plats et rocailleux, croisant parfois des villages miniers. 

En jaune : zone climato-géographique du désert d'Atacama / En rouge : San Pedro d'Atacama et le bassin du Salar (Infographie : Eldesiertoflorido)

En jaune : zone climato-géographique du désert d'Atacama / En rouge : San Pedro d'Atacama et le bassin du Salar (Infographie : Eldesiertoflorido)

 

Le village de San Pedro d'Atacama

 

> Le village de San Pedro d'Atacama est un petit village d'indiens perdu dans le désert.

Oui et non... Perdu dans le désert : oui... Petit village : plus vraiment, on estime à ce jour la population à environ 5.000 habitants. Peuplé d'indiens : non. Aujourd'hui la population de San Pedro d'Atacama est mixte : membres de l'ethnie atacamène certes, mais aussi chiliens de tous horizons, voisins boliviens, argentins et péruviens, plus quelques européens ou nord-américains... San Pedro est un village cosmopolite !

Nos conseils : Si vous vous attendez à séjourner sous une hutte, à aller chercher l'eau au puit et à partager vos repas avec les populations locales, vous serez déçus. C'était très certainement le type de séjour que vous auriez pu réaliser il y a 20 ans, mais aujourd'hui San Pedro d'Atacama est un village qui a changé et qui s'est adapté au tourisme. Les services d'hébergement, de restauration et d'excursions se sont professionalisés : c'est un plus en terme de confort et de sécurité, mais on vous le concède, l'expérience a perdu en authenticité. Si vous voulez vivre votre propre "Rendez-vous en terre inconnue", mieux vaut choisir une autre destination !

 

> Le village de San Pedro de Atacama est une ville avec tout le confort.

Oui et non... L'aspect "perdu dans le désert" évoqué dans le point précédent a quand même son importance. Alors certes, l'eau courante est généralisée mais les coupures d'eau surviennent toutefois de temps à autre... Oui, vous aurez de l'electricité mais celle-ci étant produite par des générateurs franchement vieillots fonctionnant au fuel, les coupures ne sont pas rares non plus... Si l'éclairage public est la norme dans le centre du village, ce n'est pas le cas dans les quartiers un peu éloignés, et là aussi, si une coupure survient, vous serez plongé dans le noir. Pour information, il y a à peine 20 ans, le village ne disposait que de 3 heures d'électricité par jour, l'eau était puisée dans les canaux d'irrigation et les moyens de communication avec l'extérieur étaient réduits au seul courrier postal. 

Nos conseils : prévoyez d'apporter avec vous une lampe torche (idéalement une frontale) et en cas de coupure d'eau, d'électricité, d'internet, prenez votre mal en patience : ce n'est pas bien grave et ça passera ! Si vous voulez à tout prix éviter ce genre d'inconvénients, le mieux dans ce cas est de réserver dans l'un des quelques hôtels (de luxe) du village qui disposent eux de leur propre accès à l'eau, de leur propre générateur d'électricité, d'un service de restauration, etc... Ce qui vous évitera de vous frotter aux petits disfonctionnements du village. 

Eglise de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

Eglise de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Il y a des touristes francophones à tous les coins de rue, les gens doivent bien parler français, ou au minimum anglais.

Non... Le Chili est hispanophone et les gens parlent donc espagnol. Même à l'aéroport international et à San Pedro d'Atacama. Evidemment, les choses ont tendance à évoluer dans le village et si vous maitriser l'anglais, vous pourrez facilement communiquer avec les serveurs, les receptionnistes, les vendeurs et les guides de vos excursions (par contre pas avec les vendeurs des boutiques et des épiceries). Quant au français, il fait ces dernières années une très timide perçée.

Nos conseils : Si vous ne parlez pas un mot d'espagnol, équipez-vous d'un petit guide de conversation basique qui vous permettra d'échanger quelques mots et de recueillir les informations dont vous avez besoin. Les Chiliens en règles générales apprécient énormément que les touristes fassent au moins l'effort d'essayer, ils feront tout ce qu'ils peuvent pour vous comprendre, vous renseigner, et vous encourager ! Par contre, si vous arrivez en parlant directement dans une langue étrangère - même si c'est l'anglais - pas certain que vous recevrez un aussi bon accueil.

Même si finalement, la langue de vos échanges est l'anglais, le "buenos dias" (bonjour) du matin, les "por favor" (s'il vous plait), "gracias" (merci) et "adios" (au revoir) seront plus qu'appréciés !

 

> Séjourner à San Pedro d'Atacama est une occasion de découvrir la gastronomie locale.

Oui et non... Il y a de nombreux restaurants dans le village, pour tous les goûts et pour tous les budgets. Mais beaucoup d'entre eux ont choisi une cuisine "internationale" et les moins téméraires en matière de gastronomie n'auront aucun problème à trouver à la carte des plats bien connus. Pour ceux qui veulent tester des nouveautés, il faudra éplucher les menus.../p>

Nos conseils : Pour tester la cuisine familiale chilienne, rien de mieux que d'opter pour les "cantines" du village : elles sont nombreuses, souvent excentrées et très bons marchés. Vous y mangerez des plats copieux, pas forcément très exotiques, mais en tout cas vous serez au plus proches de ce que mangent les gens du cru.

Dans les autres restaurants, vous trouverez parfois à la carte la cazuela (sorte de pot-au-feu locale), le chupe de marisco (gratin de fruits de mer) et l'excellent pastel de choclo (une sorte de hachis parmentier avec une purée de maïs).

Dans les épiceries ou dans la rue, vous pourrez acheter des empanadas (chaussons fourrés) ou des humitas (purée de maïs servis dans sa feuille).

Enfin, dans beaucoup de restaurant vous trouverez dans certains plats une petite touche locale : un cocktail à la rica-rica, une sauce à base de carroubier, gateau de quinoa ou un dessert au Chañar.

Flan de quinoa, sauce chañar et fraises (Restaurant Quitor - San Pedro d'Atacama)

Flan de quinoa, sauce chañar et fraises (Restaurant Quitor - San Pedro d'Atacama)

 

> San Pedro de Atacama est une usine à fric.

Oui et non... Les voyageurs occidentaux sont très souvents surpris, voire choqués des tarifs pratiqués à San Pedro d'Atacama. Et légitimement ils se sentent floués, anarqués, volés. C'est malheureusement mal connaître les réalités économiques du pays : le Chili est loin d'être un pays du tiers-monde... Il s'agit du pays d'Amérique Latine qui affiche le plus haut PIB par habitant et sa croissance tourne autour de 2 % ces dernières années. Même si les inégalités dans la redistribution des richesses en fait un pays "mal-développé", les prix s'en ressentent naturellement. Ajoutez à cela que pour le moindre achat, votre restaurateur ou votre hôtelier aura dû aller se fournir, au mieux, à Calama (100 km), au pire, ailleurs au Chili ; que le prix de l'eau et de l'electricité sont très élevés dans cette zone isolée, et que les prix des terrains et des locations ont explosés avec l'engouement touristique, vous comprendrez vite le pourquoi du comment... Le Chili est le pays le plus cher du continent et San Pedro d'Atacama est un des lieux les plus chers du Chili, et pas seulement pour les touristes, pour les habitants aussi !

Nos conseils : L'un des gros avantages de San Pedro d'Atacama, c'est qu'il y en a pour tous les budgets. Que ce soit au niveau des hébergements, de la restauration ou des services d'excursions, vous pouvez tout à fait trouver le prestataire qui vous conviendra en fonction de vos moyens, le tout est de chercher un peu. Les jeunes chiliens qui ne sont pourtant pas les plus fortunés des voyageurs ont trouvé leur formule : camping, repas préparés sur un réchaud, balades à vélo dans les environs et éventuellement une ou deux excursions de groupe dans les agences à bas-prix de la rue principale. Sans aller jusque là, évaluez bien vos priorités et si l'important pour vous ce sont les visites, optez pour un hébergement simple type auberge de jeunesse, et réservez votre budget pour une agence sans doute plus onéreuse mais offrant des services de qualité. Si au contraire vous souhaitez avant tout un hébergement tout confort, vous trouverez aisément des excursions à bas-prix. Enfin concernant la restauration, là encore il y a de tout : certaines auberges mettent une cuisine à disposition, il existe de très bons restaurants dans le village, mais aussi des "cantines" beaucoup plus simples et donc beaucoup moins chères.  

 

Vivre à San Pedro d'Atacama, c'est le paradis !

Oui et non : Oui, parce qu'avoir la chance de prendre son petit-déjeuner face à la cordillère des Andes est un privilège. Oui, parce que dès que l'on sort du village on peut rapidemment se retrouver face à des paysages à couper le souffle dont personne ne pourrait se lasser. Oui, parce que la nature ici est encore très présente, et que c'est toujours un bonheur d'observer les vigognes gambader et les flamants danser. Et puis non, pour à peu près tout le reste...

Non, parce que San Pedro d'Atacama est particulièrement isolé et que  les services publics sont inexistants. Pour la moindre démarche administrative ou médicale, on doit prendre sa journée pour aller à 100 kilomètres de là, à Calama, en espérant être assez tôt dans la file pour être reçu le jour même, au risque de devoir revenir le lendemain.

Non, parce qu'après votre journée de travail ou pendant vos jours libres vous ne pourrez aller ni au cinéma, ni au théatre, ni en discothèque, ni à rien du tout de ce qui s'apparente à une activité culturelle. Il y a bien des concerts dans quelques uns des restaurants du village, mais après quelques mois, vous connaîtrez par coeur le répertoire des groupes de musique andine du village et ça perdra forcément un peu de son charme.

Non, parce qu'en cas de problème médical, mieux vaut que ce ne soit pas trop grave : l'hôpital le plus proche est à Calama (1 heure et demie de trajet). Et si vous avez un problème très grave vous serez redirigé à Antofagasta (4 heures de trajet supplémentaires).

La liste pourrait être plus longue mais pour illustrer l'inconfort et parfois la difficulté de vivre à San Pedro d'Atacama, sachez que les fonctionnaires affectés dans le village reçoivent une prime pour compenser les conditions de vie qu'ils auront ici...

Nos conseils : Si nous-même et beaucoup d'autres avons choisi de vivre ici, c'est évidemment parce que notre balance penche vers les avantages que nous y trouvons, et que nous sommes prêts à renoncer à certaines choses pour pouvoir profiter d'autres aspects qui nous conviennent. Si au cours de votre séjour vous vous prenez à rêver de tout quitter pour venir vous installer dans le désert : pesez bien le pour et le contre, peut être que les petites incommodités des uns représenteront l'insurmontable écueil des autres.

Galerie artisanale - San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

Galerie artisanale - San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Les indiens du Chili : les mapuches !

Oui et non : Les mapuches sont bel et bien un des peuples originaires du Chili mais ils sont loin d'être les seuls. Quand les espagnols arrivent dans la région, il y a plus d'une quinzaine d'ethnies présentes sur le territoire. Aujourd'hui, ce sont 8 d'entre elles qui sont officiellement reconnues par l'Etat Chilien. Les plus connues sont les Mapuches, les Rapa Nui de l'îles de Pâques et les Aymaras des Andes centrales, mais dans le lot, il y a aussi les Atacamènes : les habitants du bassin du salar d'Atacama et du bassin de la rivière Loa.

 

> En séjournant à San Pedro d'Atacama, je pourrai visiter les réserves d'indiens atacamènes.

Non : Les rapports entre l'Etat chilien et les peuples originaires du Chili sont loin d'être idéaux mais sont quand même meilleurs qu'en Amérique du Nord. Les Atacamènes ne vivent pas dans des réserves, ils vivent dans les villages où vous séjournerez et ceux que vous visiterez, ainsi que dans les grandes villes de la région comme Calama et Antofagasta. Ils mènent une vie semblable à celle de tous les autres chiliens du pays.

 

> Au cours de mes visites, je pourrai vivre "une expérience forte" avec les populations andines locales.

Non plus... Pas de tourisme "anthropologique" à San Pedro d'Atacama : on ne vous emmènera pas prendre le thé chez les gens ou les aider à rassembler leurs troupeaux de lamas. Les Atacamènes ne sont pas différents des autres Chiliens, il n'ont pas envie de voir débarquer des inconnus chez eux et avant qu'ils ne partagent leurs traditions, leurs coutumes, leur histoire, leurs joies et leurs peines, il vous faudra, comme partout, nouer une relation amicale et de confiance, ce qui n'arrivera pas au cours des quelques jours que durera votre séjour dans le village.

 

Carte des différents peuples originels du Chili (www.educarchile.cl)

Carte des différents peuples originels du Chili (www.educarchile.cl)

Etnie Population % pop. chilienne
Aymara 48.501 0,32
Atacamène 21.015 0,14
Kawésqar 2.622 0,02
Kolla 3.198 0,02
Mapuche 604.349 4
Quechua 6.175 0,04
Rapanui 4.647 0,03
Yagán 1.685 0,01
TOTAL 692.192 4,58

Selon recensement Etat chilien (année 2002).

 

> Le tourisme a chassé les populations locales du village.

Non : Les voyageurs séjournant à San Pedro d'Atacama ne parcourent généralement que les quelques rues du centre, mais le village est bien plus vaste que cela. Hormis le centre historique du village, il y a aussi les "poblaciones" qui sont les quartiers résidenciels les plus proches (sorte de banlieue locale) et les "ayllus" qui sont les zones les plus rurales. Au final, le village s'étend sur 25 km du nord au sud (de l'ayllu de Cucuter à celui de Catarpe). Effectivement, aujourd'hui le centre historique a été déserté par les populations locales au profit des agences, des hôtels et des restaurants. Ceci dit, la population originelle est encore bien là, elle évite seulement la foule de la rue principale pour priviliégier les endroits plus calmes... Et finalement, le tourisme a plutôt "ramené" les populations locales dans le village : il y a encore quelques années, beaucoup d'Atacamènes étaient obligés de déménager dans les grandes villes voisines pour trouver du travail : aujourd'hui ils restent et certains d'entre eux reviennent s'installer à San Pedro ou dans les villages alentours parce qu'ils pourront y trouver du travail.

 

> Le développement du tourisme s'est fait au dépend des populations locales.

Oui et non... Quand le tourisme s'est développé dans les années 90, ce sont des entrepreneurs chiliens venus généralement de la région centrale du pays qui ont pris les choses "en main", et on pourrait effectivement penser que la communauté atacamène a complètement été évincée du processus. Ce n'est bien évidemment pas le cas : même si la communauté atacamène n'est pas la population la plus visible pour les voyageurs, le tourisme est une source de revenus pour beaucoup d'entre eux. 

La majorité des bâtiments du centre appartient à des membres de la communauté qui recoivent donc des loyers versés pour l'exploitation commerciale de ces lieux. L'afflux de travailleurs a fait grimper les prix des locations qui constituent donc une rente confortable pour ceux qui ont investi dans la construction de logements. Ces travailleurs ayant comme tout le monde besoin de manger, de s'équiper, etc... tout une économie s'est créée dans les zones périphériques du village faite d'épiceries, de "cantines" pour déjeuner le midi, de magasins en tout genre pour satisfaire les besoins d'une population croissante. Enfin, même si les générations précédentes ont préféré rester à l'écart des touristes, de plus en plus de jeunes atacamènes travaillent comme guides, garde-parcs, chauffeurs, réceptionnistes, etc...

Malheureusement, comme partout et malgré la tradition communautaire de l'organisation sociale dans les Andes, certains n'ont pas pu ou n'ont pas voulu "monter dans le train du tourisme" et d'énormes inégalités se sont installées au sein même de la population originelle : une partie de cette population doit faire face à d'importantes difficultés économiques alors que d'autres vivent de leurs rentes.

Place de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

Place de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Les populations atacamènes ne pensent qu'à gagner de l'argent.

Oui et non... C'est un discours qui se répand de plus en plus parmi les professionnels du tourisme et ce n'est pas rare d'entendre un guide s'épandre sur le sujet. En cause : les prix des loyers, de l'eau, de l'électricité, des entrées sur les sites touristiques, etc... C'est à dire à peu près tout ce qui est géré par les communautés atacamènes. Effectivement ces dernières années, l'augmentation des prix dans ces domaines est totalement hors de contrôle et souvent injustifiée. 

Seulement, il est difficile de jeter la pierre aux populations locales qui ne font qu'appliquer ici l'ultra-libéralisme en vigueur dans tout le Chili. Pourquoi ne pas augmenter les prix des loyers puisque les gens devront toujours se loger ? Pourquoi ne pas augmenter le prix de la location d'un local commercial puisque le gérant ne veut très certainement pas perdre son gagne-pain ? Pourquoi ne pas augmenter les prix des entrées sur les sites touristiques puisque les visiteurs viendront quand même ? La loi de l'offre et de la demande est reine au Chili !

Alors forcément, on assiste à un certain nombre de dérives, comme par exemple la communauté de Solor qui avait décidé en 2014 de multiplier par 15 le prix de l'accès à la lagune Cejar, les communautés de Caspana et Toconce qui viennent de multiplier par 2 le prix d'entrée aux geysers du Tatio pour financer la construction de nouvelles infrastructures qui seront... payantes, ou d'autres qui imposent tout simplement un péage pour visiter la Vallée de la mort ou le mirador de Ckari sans assurer ni protection du site, ni services minimums.

Les communautés atacamènes se sont malheureusement bien trop adaptées à l'époque et ont compris que leur village était devenu un produit comme un autre. Souvent aux dépens de la sauvegarde de leur propre territoire et du respect envers les visiteurs.

Pour vous baigner dans les lagunes salées du salar d'Atacama, il vous en coûtera maintenant $15.000 pesos, contre $2.000 pesos il y a seulement 1 an et demi (Photo : Eldesiertoflorido).

Pour vous baigner dans les lagunes salées du salar d'Atacama, il vous en coûtera maintenant $15.000 pesos, contre $2.000 pesos il y a seulement 1 an et demi (Photo : Eldesiertoflorido).

 

Les excursions dans les environs de San Pedro d'Atacama

 

> Trois jours suffisent largement pour visiter les environs de San Pedro d'Atacama.

Oui et non... C'est un commentaire que nous lisons très régulièrement sur les forums et les blogs de voyageurs. Alors certes, pour visiter les incontournables de la région que sont la Vallée de la lune, les Lagunes altiplaniques (avec la lagune de Chaxa) et les Geysers du Tatio, 3 jours et 2 nuits sur places sont suffisants. Mais si vous souhaitez approfondir un peu, 5 jours ne seront pas de trop, et si vous ne voulez pas avoir un programme au pas de course, comptez une semaine...

Nos conseils : Avant de décider du temps que vous passerez sur place, renseignez-vous sur les sites touristiques de la région. A part les 3 excursions mentionnées ci-dessus, il existe tout un tas de possibilités et ça serait dommage de vous rendre compte trop tard que vous auriez adoré faire une balade à cheval, une ascension de volcan, visiter les sites archéologiques de la culture atacamène, ou découvrir la cordillère de Domeyko !

 

> Le désert c'est avant tout des paysages, pas besoin de guide.

Oui et non... Là encore, cette affirmation n'est pas rare sur les forums. Nous ne reviendrons pas sur la splendeur des paysages du désert d'Atacama et des environs de San Pedro : si les voyageurs viennent ici c'est avant tout pour ces paysages et ils ont raison ! N'empêche que si vous voulez savoir comment s'est formé la cordillère des Andes, le nom de l'oiseau qui vient de passer, l'utilisation médicinale locale de cette plante, l'histoire préhispanique de la région, mieux vaut être accompagné d'un guide compétent.

Nos conseils : Les informations sont très rares sur les sites que vous visiterez, et quand elles existent elles sont uniquement en espagnol. Si vous êtes curieux de nature, vous serez peut être déçu de ne pas avoir de réponse aux questions que susciteront forcément vos visites. Prenez un guide ou parcourez attentivement le sommaire de ce blog !

Infographie : Eldesiertoflorido.

Infographie : Eldesiertoflorido.

Ci dessus une carte des différents points d'intérêt touristiques des environs de San Pedro d'Atacama (villages, sites archéologiques et sites naturels). Bien sûr, certains de ces lieux se visitent au cours d'une même excursion, mais parfois au pas de course... Pour prendre le temps d'apprécier tous ces lieux, 6/7 jours sont nécessaires. Ceci sans compter sur les différentes activités possibles : randonnées, ballades à cheval, sand-board, observations astronomiques, ascensions de volcan, circuits à vélo, ... Plus la possible excursion dans le sud Lipez bolivien qui vous occupera 3 jours et demi minimum (départ et retour San Pedro d'Atacama).
Plus d'infos dans notre rubrique "Sites touristiques San Pedro d'Atacama".

 

> En me rendant dans la salar d'Atacama, je verrai des flamants roses.

Oui et Non... Tout d'abord, vous ne verrez jamais de flamants roses ici car ils ne vivent pas dans les environs de San Pedro d'Atacama. Le flamant rose étant une espèce de flamant parmi les 6 espèces connues dans le monde. Autour de San Pedro, vous verrez peut-être des flamants chiliens, des flamants andins ou des flamants de James. Ces derniers ayant une couleur plus ou moins rose suivant l'espèce.

Les flamants présents ici sont bien évidemment sauvages, ce n'est donc pas comme aller au zoo où l'on est sûr d'observer les animaux. Même si le flamant est un des piliers de la promotion touristique des salars du nord du Chili, rien ne vous garantit que vous en verrez. S'il y a certes des lieux touristiques où ils sont globalement présents, leur occupation de tel ou tel endroit varie en fonction de la période de l'année et du moment de la journée. De plus, leur présence ne se limite pas seulement au salar d'Atacama mais s'étend sur toutes les zones humides de la cordillère des Andes.

Nos conseils : Si le fait d'observer les flamants est un des points très importants de votre séjour, ne vous limitez pas à une seule opportunité de les voir... comme par exemple au parc CONAF de Chaxa car vous pourriez revenir bredouille. En allant au Salar de Tara, aux geysers du Tatio, en encore mieux dans le sud Lipez bolivien, vous augmentez très franchement votre probabilité de pouvoir voir l'oiseau emblématique (100% de chance lors d'un séjour de 3 jours et demi dans le sud bolivien).

Mais bien un flamant de James ! (Photo: Eldesiertoflorido).

Mais bien un flamant de James ! (Photo: Eldesiertoflorido).

 

> Tous les sites peuvent être visités sans chauffeur et sans guide, avec son véhicule de location.

Non : De plus en plus de voyageurs optent pour la location d'une voiture et sillonnent la région seuls. Pourquoi pas : ces dernières années, un soin particulier a été apporté au réseau routier et les pistes ne sont plus l'enfer qu'elles étaient il y a seulement 5 ans. Vous verrez même des panneaux vous indiquant les directions (une petite révolution dans notre désert). 

Par contre si vous choisissez ce mode de visite, ne faîtes pas l'erreur de croire que vous êtes sur un réseau routier comme les autres, le désert et la montagne sont des environnements hostiles et potentiellement dangereux quand on est mal préparé et certains sites doivent impérativement être visités accompagnés de professionnels !

Nos conseils : Avant toute exploration avec votre propre véhicule, équipez-vous de : pelle, planches, lampe frontale, vêtements chauds, beaucoup d'eau et de quoi manger.

Ne partez jamais sans avoir repéré et validé au préalable votre itinéraire avec l'aide du personnel de votre hôtel, des policiers ou des services de tourisme SERNATUR.

Prévenez toujours le personnel de votre hôtel de votre itinéraire et de l'heure à laquelle vous serez rentré : si vous n'êtes pas là à l'heure indiquée, ils pourront prévenir les secours et leur indiquer la bonne direction.

Il n'y a pas de station essence en dehors du village de San Pedro d'Atacama, partez toujours avec le réservoir plein et éventuellement des bidons supplémentaires si vous envisagez un long trajet.

Sur la route, soyez vigilant : l'altitude et la chaleur provoquent la somnolence, amplifiée par les routes parfois monotones du désert. Les descentes sont également vertigineuses et on prend parfois énormément de vitesse sans s'en rendre compte. Les accidents sont chaque année plus nombreux. Pour votre propre sécurité et celle des autres, soyez prudents.

Partez de bonne heure, et prévoyez un retour depuis les hauts plateaux de la cordillère des Andes au plus tard 2 heures avant le coucher du soleil (on ne sais jamais !).

Ne vous fiez pas aux cartes routières ! Elles indiquent très souvent des axes paraissant sur le papier comme "tout à fait pratiquables" alors qu'en réalité il n'en est rien. Les grosses pluies de ces dernières années ont rendu certaines pistes très compliquées, d'autant plus pour les novices de la conduite dans le désert/montagne. De plus, même si ces pistes apparaissent comme des axes importants, certaines d'entre elles n'accueillent pas le moindre véhicule pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines ! Dans tous les cas pour éviter quelques problèmes communs et détériorations, prévoir un véhicule surélevé de type pick-up 4x2 ou jeep 4x4. Et même avec un 4x4 on ne passe pas partout !

Si la majorité des sites est relativement facile d'accès, prudence recommendée sur la route des Geysers du Tatio : si vous y allez le matin, vous serez au milieu de la caravane des véhicules des agences qui vont parfois très vite et qui ont l'habitude de circuler entre eux. Pour ne pas les gêner et être gêné par eux, laissez-les passer ! La montée se fait de nuit : soyez attentifs aux éventuels plaques de verglas, aux animaux qui traversent et à la somnolence qui peut vous prendre par surprise pour cause de haute altitude. Une fois sur place, renseignez-vous bien sur les règles de sécurité, le champ géothermique des geysers est un endroit dangereux où on déplore régulièrement des accidents, parfois mortels.

Enfin, ne tentez jamais la visite du salar de Tara par vos propres moyens : ici pas de route, pas de panneaux indicateurs, vous ne seriez pas les premiers à vous perdre !

Nous avons lu un jour sur un forum au sujet de la visite de Tara en véhicule de location que "se perdre, c'est aussi ça le voyage !". C'est très certainement le cas ailleurs, mais être perdu à Tara, à 4.500 mètres d'altitude, sans réseau téléphonique et à 100 km du premier village est loin d'être une expérience agréable. De plus, si vous vous êtes éloignés des axes empruntés par les agences, que vous soyez perdu ou que vous ayez rencontré un problème mécanique, vous ne pourrez compter sur l'aide de personne et les secours ne sont pas prêts de vous retrouver dans l'immensité de l'Altiplano. Pour parfaire le tableau, la nuit le vent se lève et souffle très fort, alors que les températures descendent en-dessous de zéro. Les témoignages des gens qui, pour une raison ou une autre, sont restés bloqués à Tara, ne font pas vraiment rêver.

Soyez responsables dans vos choix de visites, et n'oubliez pas que les pompiers tout comme les membres du Secours andins sont bénévoles, ils travaillent la journée et préfèrent dormir la nuit que d'aller secourir des touristes qui se sont montrés imprudents en toute connaissance de cause.

Pour terminer, faîtes vous toujours accompagner d'un guide qualifié pour toute ascension de volcan, c'est impératif !

Même si les véhicules ont pas mal évolués, les routes autour de San Pedro d'Atacama sont pour certaines d'entre elles quasiment dans le même état que l'année de cette photo : 1920 ! (Photo : Fotos históricas de Chile)

Même si les véhicules ont pas mal évolués, les routes autour de San Pedro d'Atacama sont pour certaines d'entre elles quasiment dans le même état que l'année de cette photo : 1920 ! (Photo : Fotos históricas de Chile)

 

> Si vous ne voulez pas payer les services d'une agence, il vous suffit de suivre les mini-bus de touristes et sur place d'écouter discrètement les explications que donnera le guide à ses clients.

Non : Cette affirmation, en plus de l'avoir lu sur de nombreux forums, guide de voyage, blog... semble être une habitude bien française...

Si vous suivez un chauffeur professionnel c'est que vous savez qu'il connait mieux les accès aux différents sites que vous, et si vous écoutez les informations du guide c'est que vous admettez qu'il en sait plus que vous ! Ce chauffeur comme ce guide ont étudié, ont travaillé, ont dédié du temps, de l'énergie et très souvent de l'argent pour acquérir ces connaissances : qu'ils se fassent rémunérer pour en faire profiter les visiteurs est normal, c'est comme ça qu'ils gagnent leur vie. Si vous voulez profiter de leurs connaissances, vous connaissez le dicton : toute peine mérite salaire.

Nos conseils : Respectez le travail des professionnels... Si vous ne voulez pas payer les services d'une agence, personne ne vous le reprochera. Par contre, si vous jouez les "squateurs", vous vous attirerez les foudres :

- des conducteurs qui détestent se faire coller par des véhicules particuliers parce que c'est dangereux et que ça les oblige à être vigilants pour deux,

- des guides qui n'apprécient ni de voir la taille de leur groupe augmenter sans raison, ni de se faire interrompre par des "particuliers" qui n'ont pas voulu prendre de guide mais qui ont quand même des questions à lui poser,

- des voyageurs qui eux, ont payé les services d'une agence et qui ne voient pas pourquoi vous en profiteriez gratuitement.

Un cactus c'est chouette en photo, mais saviez-vous qu'à l'origine c'était un arbre !?! (Photo : Eldesiertoflorido).

Un cactus c'est chouette en photo, mais saviez-vous qu'à l'origine c'était un arbre !?! (Photo : Eldesiertoflorido).

 

L'altitude

 

> Je vais tous les hivers dans les Alpes, l'altitude n'est pas un problème.

Peut-être oui, peut-être non... Si vous skiez dans la station la plus haute de France, les Deux Alpes, vous irez au plus haut à 3.600 mètres. Certes c'est déjà honorable, mais ça ne rivalise pas avec les altitudes que vous rencontrerez pendant vos excursions dans la région : 4.200 m pour les lagunes altiplaniques, 4.300 mètres pour les geysers du Tatio et jusqu'à 4.820 m sur la route pour aller à Tara ou en Argentine. Et ceci sans évoquer les ascensions de volcan qui vous feront découvrir l'ivresse d'être à plus de 5.500 mètres.

D'autre part, le processus d'acclimatation à l'altitude n'est pas un processus unique : ça n'est pas parce que vous avez déjà été en altitude sans rencontrer de problème qu'il faut se passer des précautions d'usage. La fatigue, le froid, ou tout autre état de faiblesse peut amplifier les effets de la haute-montagne et personne n'est capable d'anticiper comment il va réagir à l'altitude avant d'y être. De la même manière, ça n'est pas parce que vous avez eu une expérience malheureuse en altitude qu'elle va se reproduire. Nous sommes chaque jour différents, et si vous respectez quelques palliers d'acclimatation vous n'aurez sans doute aucun problème.

Enfin pour information, sachez que le corps en altitude compense le manque d'oxygène qu'il ressent en produisant plus de globules rouges. Ce taux plus élévé de globules rouges reste en moyenne 3 semaines dans le sang avant de déminuer à nouveau. Après 3 semaines au niveau de la mer, le processus d'acclimatation est à refaire depuis le début !

Nos conseilsMême si vous avez déjà été en haute-montagne, il est important de prendre le temps de s'acclimater à nouveau : organisez votre programme d'excursion dans l'ordre croissant des altitudes des sites visités. 

 

> Si vous prenez du diamox (ou tout autre médicament contre le mal d'altitude) vous pouvez vous passer d'une acclimatation en bonne et due forme.

Non : Ce type de médicament est souvent prescrit par les médecins en Europe aux voyageurs ayant prévu un séjour dans les Andes. S'ils peuvent être utiles dans les premiers jours ou au coup par coup en cas de symptômes légers de mal des montagnes, il est dangereux de les consommer pendant plusieurs jours : en effet, il s'agit généralement de diuréthiques et un traitement prolongé peu favoriser la déshydratation et créer d'autres problèmes que ceux liés à l'altitude.

Nos conseils : Ce type de médicament ne vous sera pas utile si vous prenez le temps de l'acclimatation, notre corps est une formidable machine capable de s'adapter, alors autant éviter la médicamentation et priviliégier une adaptation "naturelle" à l'altitude. Si vous décidez de les prendre : buvez de l'eau, buvez de l'eau, buvez de l'eau, et dans le doute, reprenez une gorgée !

Station météorologique du village de Socaire. Ici, vous êtes déjà au niveau d'une station de ski française et vous êtes pas encore arrivé au plus haut ! (Photo : Eldesiertoflorido).

Station météorologique du village de Socaire. Ici, vous êtes déjà au niveau d'une station de ski française et vous êtes pas encore arrivé au plus haut ! (Photo : Eldesiertoflorido).

 

> Toutes les excursions sont "tout public", l'altitude ne pose jamais de problème à personne.

Non : Certaines agences ou vendeurs n'hésitent pas à minimiser les éventuels problèmes dûs à l'altitude pour vous rassurer. Effectivement, si vous respectez un temps d'acclimation à l'altitude et que vous êtes en bonne santé, il y a peu de chances que vous en souffriez. Ceci étant dit, il existe quand même un certains nombres de personnes pour qui l'altitude peut représenter un gros danger et pour lesquelles le corps médical préconise une altitude maximale à ne pas dépasser. C'est le cas des enfants en bas-âge, des femmes enceintes, des personnes souffrant de maladies cardiaques, d'hypertension, de troubles pulmonaires, neurologiques ou endoctriniens. 

Nos conseils : En cas de doute, consultez votre médecin traitant qui saura vous dire si vous devez vous soumettre à une restriction concernant l'altitude. Indiquez à votre prestataire local l'altitude maximale à laquelle vous pouvez vous rendre, celui-ci pourra vous organiser un programme en tenant compte de ce paramètre. 

 

> Si j'ai un problème avec l'altitude, une aspirine, du paracétamol ou de l'ibuprofène fera l'affaire.

Non : Le mal d'altitude n'apparait pas tout d'un coup, vous ressentirez peut être de légers symptômes qui ne s'aggraveront pas, mais il est important de pouvoir suivre l'évolution de ces symptômes. Un anti-douleur les masquera et ne permettra pas de juger de la marche à suivre. En cas d'aggravation, il n'existe qu'un seul remède : redescendre. Il est bien sûr frustrant de devoir interrompre une visite prévue depuis des mois ou de renoncer à une excursion : mais comme dans tout milieu "hostile", c'est votre santé qui prime.

Nos conseils : Si au cours d'une excursion vous ne vous sentez pas très bien (nausées, maux de tête) n'hésitez pas à en faire part immédiatement à votre guide : il vous donnera certainement quelques unes de ces astuces pour les symptômes les plus légers et fera en sorte d'évaluer régulièrement vos symptômes pour éventuellement décider s'il est necessaire de redescendre immédiatement ou si vous pouvez rester encore en altitude.

 

 

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