Le désert d'Atacama est une région magnifique truffée de paysages à couper le souffle, mais ce que le voyageur en quête de belles images ignore souvent, c'est que ce désert est aussi le lieu où s'est développé le peuple atacamène. Bien avant l'arrivée des conquistadores espagnols, l'histoire de ses habitants s'est jouée dans les canyons et les oasis qui accueillent aujourd'hui les touristes du monde entier.

 

Dans la même série, nous vous invitons à lire les articles précédents :

- Histoire Atacamène : prélude

- Histoire Atacamène : les premiers chasseurs - cueilleurs (10 000 - 5 000 av JC)

- Histoire Atacamène : les précurseurs de la culture atacamène (5 000 - 1 000 av JC)

- Histoire Atacamène : l'apogée culturelle atacamène (1 000 av - 400 ap JC)

- Histoire Atacamène : l'influence Tiwanaku (400 - 1 000 ap JC)

 

A la fin de premier milénaire de notre ère, la civilisation Tiwanaku qui avait fortement marquée la culture atacamène va péricliter et son influence va décroître jusqu'à totalement disparaître. La période suivante est celle du "développement régional" et du retour aux caractéristiques culturelles locales.

 

La fin de l'influence Tiwanaku

A partir de 800 ap JC, l'influence Tiwanaku commence à décliner jusqu'à complètement disparaître dans la région du salar d'Atacama, mais la connexion avec les Tiwanakus a laissé des traces, notamment l'émergence d'une hiérarchie bien marquée, d'une classe de dirigeants locaux, et un réseau d'échange inter-régional très étendu.

Couvre-chefs et tunique de la période de développement régional atacamène - collection musée Gustavo Le Paige (Photos : Nicolas Aguayo)
Couvre-chefs et tunique de la période de développement régional atacamène - collection musée Gustavo Le Paige (Photos : Nicolas Aguayo)
Couvre-chefs et tunique de la période de développement régional atacamène - collection musée Gustavo Le Paige (Photos : Nicolas Aguayo)

Couvre-chefs et tunique de la période de développement régional atacamène - collection musée Gustavo Le Paige (Photos : Nicolas Aguayo)

Le développement régional

Cette période de l'histoire atacamène va être caractérisée par une augmentation conséquentes des surfaces cultivées, dans les oasis mais surtout dans les canyons avec la généralisation des terrasses agricoles. De fait, cette augmentation de la production va permettre l'augmentation de la population aux abords du salar, mais également l'augmentation des échanges.

Certes les habitants du désert d'Atacama ne sont à présent plus en contact avec la région du lac Titikaka, mais cela ne les empêche pas d'intensifier encore une fois leurs échanges  avec les régions voisines,  et on constate dans les siècles qui suivent l'influence Tiwanaku que les oasis du salar vont consolider leur position centrale dans le réseau d'échange régional.

D'autre part, au point de vue culturelle, si les caractéristiques locales reprennent le dessus, c'est un artisanat simplifié qui fait son apparition. Certains archéologues parlent d'un appauvrissement culturel, d'autre d'une évolution de cette expression culturelle, quoiqu'il en soit les céramiques seront à présent semi-polies et les tablettes d'inhalation vont gagner en sobriété.

 

Photos : "Los antiguos habitantes del Salar de Atacama", Augustin Llagostera
Photos : "Los antiguos habitantes del Salar de Atacama", Augustin Llagostera

Photos : "Los antiguos habitantes del Salar de Atacama", Augustin Llagostera

Les Pukaras

Mais la caractéristique principale de l'époque du développement régional se retrouve surtout dans l'architecture. Cette période va effectivement voir l'apparation d'un nouveau style de construction : les monuments défensifs.

Dans toute la zone, les Atacamènes vont construire des Pukaras (équivalent local de petites forteresses) : toujours à proximité d'un point d'eau, d'un centre de production agricole et des routes de commerce régionales. Ces constructions sont généralement dôtées d'un mur périmétral ou du moins d'attributs défensifs.

Là encore, les archéologues débatent toujours des raisons qui ont poussé les Atacamènes à se lancer dans la construction de ces monuments (expression du pouvoir local ? Conflits ouverts avec les voisins nécéssitant une protection pour les habitants ? Ou seulement anticipation d'éventuels conflits ?).

La fonction même des Pukaras fait également l'objet de discussions puisqu'on ne sait pas toujours s'ils ont fait office de "maison seigneuriale", de zone de stockage ou d'abri pour la population en cas de danger.

 

Pukara de Quitor, à 3 km au nord de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido - Plan : V. Castro)
Pukara de Quitor, à 3 km au nord de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido - Plan : V. Castro)

Pukara de Quitor, à 3 km au nord de San Pedro d'Atacama (Photo : Eldesiertoflorido - Plan : V. Castro)

Au XVème siècle, la donne va de nouveau évoluée pour les Atacamènes. Après les Tiwanakus, une autre civilisation va fortement impacter la vie dans le salar d'Atacama : les incas vont annexer le territoire atacamène.

 

A suivre...

 

Tag(s) : #Histoire

Partager cet article