Panneau entrée secteur Soncor-Chaxa (Salar d'Atacama).

Panneau entrée secteur Soncor-Chaxa (Salar d'Atacama).

Lorsque vous êtes touriste à San Pedro d'Atacama, vous avez l'occasion de visiter un certain nombre de parcs naturels ou archéologiques. Parfois, vous verrez à l'entrée du site ou sur le petit dépliant explicatif que l'on vous remettra (quand il en reste !) le nom de "Reserva Nacional Los Flamencos" et le logo de la CONAF (COrporación NAcional Forestal). Autrement dit, cela signifie que vous entrez dans un parc national protégé, géré par la dite CONAF et généralement en partenariat avec une ou plusieurs communautés locales atacamènes différentes suivant le lieu.

Créé le 17 octobre 1990 dans le cadre du SNASPE (Sistema Nacional de Áreas Silvestres Protegidas), la Réserve Nationale Los Flamencos est en fait un rassemblement de plusieurs sites naturels sous une seule et même appellation. Et comme souvent les touristes s'interrogent : non, on ne voit pas des flamants dans tous ces sites ! "Flamencos" est seulement le nom qui a été donné par l'Etat chilien à ce regroupement de lieux protégés des environs de San Pedro d'Atacama.

Les sites de la Réserve Nationale Los Flamencos (Cliquez pour agrandir)

Les sites de la Réserve Nationale Los Flamencos (Cliquez pour agrandir)

Comme indiqué sur la carte ci-dessus, la liste des sites gérés nationalement par la CONAF dans le cadre de la Réserve Nationale Los Flamencos sont :

> Secteur Valle de la Luna (Vallée de la Lune), incluant également le site de Aldea de Tulor (préservation d'intérêt archéologique).

> Secteur Salar de Tara et Aguas Calientes I.

> Secteur Salar de Pujsa.

> Secteur Oasis de Tambillo.

> Secteur système hydrolique de Soncor, Salar d'Atacama (dans lequel se situe la Lagune Chaxa - Canal Burros Muertos entre autres lieux).

> Secteur Aguas de Quelana (Salar d'Atacama).

> Secteur Lagunas Miscanti et Miniques (Lagunas altiplanicas).

 

Superficie totale : 73.986,5 hectaires.

Principales raisons d'intégrer un site à la réserve : Nécessité de préservation de ressources hydroliques naturelles, protection de faune et de flore menacées.

Certains de ces sites bénéficient également d'une protection au niveau international (Convention RAMSAR sur les zones humides d'importance mondiale), il s'agit du secteur Soncor (Salar d'Atacama) et des salars de Pujsa et Tara.

Panneau d'entrée secteur Tara et Aguas calientes I

Panneau d'entrée secteur Tara et Aguas calientes I

 

Autrement dit, ce sont seulement 7 sites qui se voient protégés au niveau national. Ce qui exclut donc une grande partie des sites touristiques des environs de San Pedro d'Atacama, tels que Laguna Cejar, Piedra et Baltinache, Ojos del Salar, Tebinquiche, Vallée de la Mort, Aguas Calientes II et III (Talar - Pierres rouges), Laguna Tuyajto, Laguna Lejía, Vallée d'Arc-en-ciel, Pétroglyphes de Hierbas Buenas, Thermes de Puritama, canyon de Guatín, Bofedal de Putana, Geysers du Tatio, Tambo de Catarpe, ...
N'apparaissent pas dans cette liste les sites protégés dans le cadre des monuments nationaux, à savoir notamment le village et l'église de San Pedro d'Atacama, le clocher de l'église de Toconao, divers site archéologique dans le village de Peine, le pukara de Quitor, ou encore un certain nombre de site du secteur Alto Loa (nord de Calama).

 

Tous les sites mentionnés ici sont donc gérés uniquement par les communautés locales avec plus ou moins de succès suivant les cas. D'autres sont tout simplement privés : c'est le cas notamment des Thermes de Puritama, propriété de l'hotel de luxe Explora. Sans réelle formation en terme d'accueil du public, de préservation et d'impact écologique lié à une fréquentation touristique parfois importante, la gestion bancale de certains sites naturels d'importance ne peut qu'être néfaste sur le long terme, surtout lorsque la volonté principale des gestionnaires est financière, et non de préserver les lieux.

Salar de Tara (Reserva Nacional Los Flamencos - Site RAMSAR)

Salar de Tara (Reserva Nacional Los Flamencos - Site RAMSAR)

 

Ainsi, l'on a pu assister à de grandes aberrations réalisées en toute impunité par certaines communautés, comme par exemple le fait de peindre en rouge et en jaune des pierres autour des geysers du Tatio, peinture qui du fait des petites rivières produites par les geysers s'est allégrement répandue partout sur le site, créant une pollution manifeste ; une partie du Salar d'Atacama littéralement labourée autour de la lagune Tebinquiche pour marquer le sentier dans un secteur de présence de lézards et autres gerbilles andines, ce même sentier délimité par de petites bordures métalliques qui en s'oxydant risque également de polluer le site ; les magnifiques tables construites sur le Mirador de Ckari (Pierre du Coyote) introduisant du ciment sur un site naturel ; ou enfin il y a quelques jours la destruction d'une partie de canyon dans le secteur haut de la Vallée de la Mort pour construire une piste d'accès à un mirador (payant).

 

Malheureusement sur ces sites, aucune institution publique n'est actrice de la préservation, aucun organisme compétent n'est saisi pour réglementer les choses, et personne ne met en oeuvre des mesures nécessaires et réfléchies, à la hauteur des enjeux écologiques et touristiques de San Pedro d'Atacama.

Logo de la COrporación NAcional Forestal

Logo de la COrporación NAcional Forestal

Tag(s) : #Sites touristiques San Pedro

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