Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 18:37

En Bretagne, les cormorans, on les connait bien. On en voit souvent et on les regarde se sécher les ailes sur un rocher ou on compte les secondes qu'ils passent sous l'eau pour pêcher. On a rencontré leurs cousins latinos du côté de la Serena, et d'après nos premières observations... ils se sèchent aussi les ailes sur les rochers et ils plongent aussi pour pêcher. 

 

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C'est encore une fois dans la réserve nationale d'Humboldt que nous avons croisé quelques spécimens de cormorans chiliens. Trois espèces différentes étaient représentées ce jour là : les cormorans Guanay et les cormorans Lile (annoncés dès l'entrée de la réserve) et le cormoran Vigua. 

 

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Tout ce petit monde (et ceux qu'on voit en Bretagne aussi) fait partie de la famille des Phalacrocoracidae, une famille d'oiseaux aquatiques divisée en 3 genres et 36 espèces différentes. Malgré leurs différences d'habitats et de plumage, les cormorans ont, pour la plupart, la même morphologie, les mêmes moeurs et le même régime alimentaire.

 

 

Le Cormoran Lile

Phalacrocorax Gaimardi - Cormoran de Gaimard - Cormoran aux pates rouges

 

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On peut trouver le cormoran Lile du nord du Pérou jusqu'en Patagonie, toute l'année. En dehors des périodes de reproduction, il vit en solitaire sur les îles et les côtes rocheuses.
On le reconnait facilement grâce à son plumage tacheté de blanc mais aussi à ses pates et à la pointe de son bec rouges et à son oeil cerclé de blanc.

 

 

Le Cormoran Guanay

Phalacrocorax Bougainvillii - Leucocarbo Bougainvillii - Cholo - Guanay

 

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Le Guanay est un des oiseaux typique du courant de Humboldt, on le retrouve donc sur toute la côte ouest de l'Amérique Latine. Sa migration l'emmène au Chili de Mars à Décembre. Le reste de l'année on le rencontre principalement au Pérou.

Il vit en groupe et laisse derrière lui, une énorme couche de Guano (comprenez excrément) particulièrement fertile. Le Guanay étant le plus grand producteur de guano, il a contribué pendant un temps à l'économie du Pérou puis du Chili qui l'exportaient comme engrais.

 

 

Le Cormoran Vigua

Phalacrocorax Brasilianus - Cuervo de Mar - Corbeau de mer

 

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Le Vigua peut être vu dans toute l'Amérique Latine.

Il a une grande capacité d'adaptation puisqu'il se plait aussi bien dans des climats tempérés que dans des climats froids, et peut se nourrir dans des eaux salées ou bien des eaux douces.

Il niche en colonie, et construit son nid dans les arbres à proximité d'un lac ou d'une rivière.

 

Photos : A. M.      

Par Emilia - Publié dans : Nos amis les bêtes
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 22:03

A l'entrée de la réserve nationale de Humboldt, on nous avait indiqué qu'ici on pouvait voir, entre autres bêbêtes, des chats dans la mer.

Etrange... Et pourtant on a bien croisé le chat de mer en train de barboter pas très loin des lions de mer. Et clairement, on peut le ranger dans la catégorie bêbête-toute-mignonne.

 

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Panneau dans l'entrée de la réserve de Humboldt

 

Ici on l'appelle le Chungungo, el gato de mar (le chat de mer) ou encore la nutria de mar (loutre marine), mais son petit nom scientifique est Lontra Félina.

On le trouve le long des côtes chiliennes et péruviennes, à proximité des littoraux rocheux. Il trouve refuge dans de petites cavernes ou entre deux rochers pendant ses heures de repos. Le reste du temps, il barbote en quête de nourriture.

 

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Chungungo vu à proximité de l'île de Choros - réserve nationale de Humboldt

Photo : A. Marteaux

 

Pour son repas, le chungungo se régalera volontier de crabes, de mollusques, de petits poissons mais aussi d'oeufs volés dans les nids des pingouins, des gaviotas ou des cormorans.

 

En tant qu'espèce menacée et après avoir totalement disparu des côtes argentine où il vivait également, il est aujourd'hui protégé.

Par Emilia - Publié dans : Nos amis les bêtes
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 20:04

Dans le coin, l'un des premiers oiseaux qu'on présentent aux touristes, c'est la Gaviota Andina. D'abord parce qu'elle est très présente dans la région, ensuite parce qu'elle est facilement reconnaissable et enfin parce qu'elle a un nom sympa.

En allant passer quelques jours plus au sud du désert d'Atacama (et plus près de la mer), nous avons découvert qu'il y avait plus d'une gaviota au Chili. Nous avons donc fait quelques recherches sur celles qu'on a rencontrées en chemin.

 

Première découverte, et pas des moindres quand il s'agit de comprendre quel piaf est en face de nous : gaviota (petit nom que j'affectionne particulièrement), en fait, en français, ça veut dire mouette...

Ca peut vouloir dire aussi goéland mais pour couper court à tout débat qui pourrait naître sur la différence entre une mouette et un goéland, gaviota, en espagnol c'est le même mot pour les deux, du coup ça règle le problème.

 ... Par contre il existe des gaviotín, mais là, c'est pour désigner des sternes... Ou des mouettes ou des goélands. 

 

La Gaviota Andina

Larus Serranus - Mouette des andes - Quiulla

 

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Photo : avesdechile.cl


Ici, on peut la croiser près de chaque point d'eau : à proximité des geysers (de préférence là où les touristes ont pris leur petit-déjeuner), sur les lagunes Miscanti et Meniques et sur la laguna Chaxa, dans le salar.

Elle fait, avec des branchages, un nid flottant sur les lagunes d'altitude (entre 3 000 et 4 500 mètres), pour y pondre 2 ou 3 oeufs par an (entre décembre et janvier).

 

 

La Gaviota Gris 

Larus Modestus - Goéland Gris - Gaviota Garuma - Gaviotín Gris - Gaviota de San Andres

 

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Photo : avesdechile.cl

 

On la trouve majoritairement à proximité du littoral puisqu'elle se nourrit de petits crustacés. Elle est endémique des régions concernées par le courant de Humboldt. Nous, on l'a croisée sur la plage de la Serena et sur les rochers des îles de Choros et Damas.

 

 

La Gaviota Dominicana

Larus Dominicanus - Gaviota Cocinera - Caucau - Goéland Dominicain  

 

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Photo : avesdechile.cl Photo : A. M. sur Isla Damas

 

La Gaviota Dominicana vit sur toute la côte ouest de l'Amérique Latine. Elle se nourrit de petits poissons et de crustacés mais près des zones très urbanisées, elle peut adopter un régime omnivore et chercher sa nourriture dans les décharges.

Elle fait son nid sur le plancher des vaches, sur des surfaces planes ou entre les rochers des îles qui bordent la côte. Elle y pond deux à trois oeufs par an.

 

 

 

La Gaviota de Franklin 

Larus Pipixcan - Mouette de Franklin - Cagüil

 

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Photo : A. M. sur la plage de la Serena

 

La Gaviota de Franklin, (baptisée ainsi en l'honneur de John Franklin - Capitaine de la Royal Navy anglaise) vit sur les côtes d'Amérique de Nord une bonne partie de l'année. Pendant l'hiver, elle migre vers des climats plus chaud et rejoint les côtes des caraïbes, du Pérou et du Chili. On peut parfois l'observer également pendant l'hiver sur les côtes françaises - onze observations en 10 ans - de la Manche et de l'Atlantique.

La Gaviota de Franklin est omnivore.

 

 


El Gaviotín Artico

Sterna Paradisaea - Sterne Artique - Chibrillo - Golondrina de mar

 

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Photo : A. M. sur la plage de la Serena


Le régime de la sterne artique varie selon la saison et l'endroit ou elle se trouve mais dans tous les cas, il se compose essentiellement de petits poissons, de molusques et de crustacés. 

Pour faire son nid, la sterne se contente de creuser le sol et d'y faire un trou qui accueillera ses oeufs. 

 

Cette une espèce très agressive qui peut attaquer les autres oiseaux pour récupérer leur proie, ou s'attaquer à l'homme ou à de gros prédateurs pour protéger ses petits.


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El Gaviotin artico est un oiseau polaire. Mais aime bien le changement. Deux fois par an donc, il change de pôle, passant l'été dans chacun des hémisphères. Pour ce faire il passe 8 mois de l'année à voler et parcourt environ 70 000 km par an (en rouge son habitat en juillet et août, en bleu son habitat en décembre et janvier, et les flèches en vert c'est son voyage entre les deux).  

Par Emilia - Publié dans : Nos amis les bêtes
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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 21:28

Dans la liste des animaux qu'on peut apercevoir dans la région de San Pedro de Atacama, on cite toujours le Zorro Culpeo (renard culpeo). Sauf que voilà, moi ça faisait un an que je le cherchais, et toujours pas un bout de queue de renard à l'horizon (sauf la plante évidemment).

 

 


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Cortaderia atacamensis,

Nom courant : Colas de zorro ("queues de renard" en français)

 

 

C'est finalement un passager d'un groupe que j'accompagnais en direction du salar de Tara, qui, pendant le petit déjeuner au bofedal de Quepiapo, m'a demandé quel était cet animal au loin qui ressemblait à une sorte de chien. Vérification faite, nous avions devant nous un Zorro Culpeo, en train de reluquer les canards qui barbotaient, imaginant sans doute le festin qu'il allait en faire.

Rassurez-vous, quand nous sommes partis, les canards barbotaient toujours.

 

 

250px-Pseudalopex culpaeus Pseudalopex-culpaeus

Images Wikipédia

 

 

Le Renard Culpeo, aussi connu sous le nom de renard de Magellan ou renard des Andes (nom scientifique le Lycalopex Culpaeus), ressemble beaucoup à notre renard roux.

C'est le second plus grand canidé d'Amérique du Sud (le premier étant le loup à crinière) et il peut atteindre 120 cm de long. Il se nourrit de rongeurs, d'oiseaux, de lézards et parfois, en période de disette, de charognes.

Dans les zones très peuplées, il lui arrive parfois de s'attaquer aux troupeaux de moutons, ce qui lui a valu d'être assidûment chassé, parfois jusqu'à complète extinction dans certaines régions.

 

Aujourd'hui, on peut l'apercevoir de l'Equateur au sud du Chili, en passant par le Pérou et l'ouest de la Bolivie. Il existe 6 sous-espèces, à priori celle qui vit du côté de San Pedro est le Lycalopex culpaeus andinus.

 


Par Emilia - Publié dans : Nos amis les bêtes
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 02:12

* Victor Jara, aujourd'hui et pour toujours ! (pour les non-hispanophones)

 

S'il devait y avoir un seul chilien, de part son engagement, son oeuvre et le déroulement de sa vie, représentatif de son pays, ce serait surement lui : Victor Jara.

Comédien, auteur, chanteur, compositeur, interprète, metteur en scène et poète engagé, "don Victor" rassemble à lui seul l'humanisme, la pluralité, l'horreur et les contradictions de tout un pays. Plus on écoute ses chansons et on en apprend sur sa vie, et plus on comprend (ou presque) lumières et pénombres du Chili de ses 40 dernières années.

 

Mais commençons par le commencement... et intéressons nous à la vie de cet homme emblématique du Chili du XXème siècle...

 

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Sa vie

 

 Issu d'une famille de paysans modestes de la région de Santiago, sa mère est chanteuse à ses heures. Dans ce cocon musical familiale, victor apprend les rudiments de la guitare et s'initie au chant à l'église. Autodidacte, il s'intéresse rapidement aux mélodies et musiques du folklore chilien. En plus de son amour pour la musique, Victor Jara débutera sa carrière artistique à l'université par le théâtre.

 

Sa mère meurt prématurément, et cet événement est un traumatisme pour le jeune Victor. Il écrira d'ailleurs en 1968 l'une de ses plus célèbres chanson Te recuerdo Amanda. Cette chanson raconte l'histoire de deux ouvriers chiliens comme il en existe tant, vivant leur amour dans une période politique trouble. Dans cette chanson, qui d'après l'auteur n'a pas forcément à voir avec son histoire familiale, le personnage masculin s'apelle Manuel (du prénom de son père et de sa fille Manuela), et le personnage féminin Amanda (du nom de sa mère, mais également de son autre fille).

 

Ibas a encontrarte con él,
que partió a la sierra, que nunca hizo daño,
que partió a la sierra

y en cinco minutos quedo destrozado.
Suena la sirena de vuelta al trabajo,
muchos no volvieron,
tampoco Manuel.

 

Tu avais rendez-vous avec lui, 
qui partit dans les montagnes qui jamais ne fit de mal,
qui partit dans les montagnes,
et en cinq minutes fut mis en pièces.
Sonne la sirène de retour au travail,
beaucoup ne sont pas revenus,
Manuel non plus.

 

 


 

Jusqu'en 1957, Victor Jara poursuit parallèlement sa carrière théâtrale et musicale. Ses premiers succès seront d'abord théâtraux. Ses premières mises en scène et son travail au sein du collectif Cuncumén, l'amèneront à faire des tournées en France, Hollande, URSS, en Argentine, au Paraguay et à Cuba.

En 1970, il est invité à un festival international de théâtre à Berlin, et participe au premier Congrès de théâtre latinoaméricain à Buenos Aires.

 

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Son engagement politique

 

De ses différents voyages à travers l'Europe et l'Amérique latine, Victor se forge peu à peu une certaine idée de la société et des valeurs humaines essentielles.

 

A l'instar du guerillero révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara, Victor Jara militera lui aussi pour une Amérique du Sud unie. A la suite de l'assassinat du Commandante Guevara, Victor Jara écrira la chanson Zamba del Che (1969).

 

Vengo cantando esta zamba
J'arrive en chantant cette zamba
Con redoble libertario
Avec un roulement de tambour libertaire
Mataron al guerillero
Ils ont tué le guerillero
Che comandante Guevara
Che commandant Guevara
 

 
[...]

 

De los derechos humanos
Ils violent les droits humains
Los violan en tantas partes
Dans de si nombreuses regions
En America Latina
D'Amerique Latine
Domingo, Lunes y Martes
Dimanche, Lundi et Mardi

Nos imponen militares
Ils nous imposent des militaires
Para sojuzgar los pueblos
Pour dominer les peuples ;
Dictadores, asesinos
Dictateurs, assassins,
Gorilas y generales
Gorilles et generaux.

Explotan al campesino,
Ils exploitent le paysan,
Al minero y al obrero
Le mineur et l'ouvrier.
Cuanto dolor es su destino
Combien de douleur, son destin
Hambre, miseria y dolor
Faim, misere et douleur

Bolivar le dió el camino,
Bolivar lui a montré le chemin
Y Guevara lo siguió
Et Guevara l'a suivi
Liberar a nuestro pueblo,
Liberérer notre peuple
Del dominio explotador.
Du pouvoir qui nous exploite

 

Après ses albums Canto a lo humano (1966), Canciones folclóricas de América (1967) et Te recuerdo Amanda (1969) et Victor publie l'album Canto libre (1970) qui marque sa décision de se consacrer à l'engagement politique, et d'utiliser sa musique pour porter un message humaniste, et s'adresser au peuple entier. A la même époque,  il renonce au confort de prendre la direction de l'Ituch (Institut théâtral de l'université du Chili) et s'engage dans la campagne électorale du parti Unidad Popular de Salvador Allende.

 

 

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En 1971, avec l'album El derecho de vivir en paz (Le droit de vivre en paix), dont le titre est celui d'une chanson manifeste contre la guerre du Viêt-Nam, il est sacré meilleur compositeur chilien de l'année.

 

 

 

 

 

La sortie de son 7ème album La población (1972) témoigne toujours plus de son engagement communiste et nationaliste. Il réalise d'ailleurs en 1972 une tournée, cette fois en tant que chanteur, en URSS et à Cuba. Investi sur tous les fronts, Victor Jara dirige également l'hommage au poète chilien Pablo Neruda lors de sa remise du prix Nobel de littérature dans le stade national de Santiago.

En 1972, il n'hésite pas à rejoindre les travailleurs volontaires lors des grandes grèves ouvrières.

 

Artiste prolifique, Victor Jara publie pas moins de 5 albums en 5 ans (de 1969 à 1973).

 

Pour la campagne présidentielle de Salvador Allende, il écrit un hymne populaire intitulé La canción del poder popular (Chanson du pouvoir populaire), et rendu célèbre jusqu'à aujourd'hui par le groupe Inti Illimani.

 

" Porque esta vez no se trata
de cambiar un presidente,
será el pueblo quien construya
un Chile bien diferente. "

 

" Par ce que cette fois,

il ne s'agit pas seulement de changer un président

c'est le peuple qui construira

un chili bien différent. "

 

 

 

Extrait du documentaire de Patricio Guzman Salvador Allende
 

 

Il rejoint ainsi le mouvement artistique La nueva canción chilena qui entoure la candidature de Salvador Allende, et son ancien camarade de théâtre Sergio Ortega qui écrira pour sa part un autre des piliers de la chanson populaire chilienne El pueblo unido (le peuple uni), enregistré pour la première fois par le groupe Quipapayun.

 

"De pie, cantar, que vamos a triunfar.
Avanzan ya banderas de unidad,
y tú vendrás marchando junto a mí
y así verás tu canto y tu bandera florecer.
La luz de un rojo amanecer
anuncia ya la vida que vendrá.
De pie, luchar,
el pueblo va a triunfar.
Será mejor la vida que vendrá."

 

" Le peuple uni ne sera jamais vaincu !
Debout, chanter, que nous allons triompher.
Ils avancent déjà, drapeaux d'unité,
Et tu viendras, allant à mes côtés,
Et ainsi tu verras ton chant et ton drapeau fleurir.
La lumière, d'un rouge lever de jour
Annonce déjà la vie qui viendra."

 

En 1971, il devient l'ambassadeur culturel du gouvernement de Salvador Allende.

 

Quasi aussi important que la figure du président Allende, et beaucoup moins contreversé, le souvenir de l'artiste transcende la mémoire de toute une période politique chilienne, et réveille encore aujourd'hui, à chacune de ses chansons diffusées, la ferveur populaire des chiliens de toute classe sociale.

Pourtant, l'artiste n'hésitait pas à critiquer allègrement la bourgeoisie chilienne, comme par exemple dans la chanson Las casillas del barrio alto, reprise d'un standard folk américain Little boxes écrit et composé par Malvina Reynolds en 1962 et critiquant les valeurs de la bougeoisie conformiste. Cette chanson a récemment été utilisée pour le générique de la série US Weeds. Dans sa version chilienne, Victor Jara fustige les bourgeois des hauts quartiers de Santiago.

 

Las casitas del barrio alto
con rejas y antejardín,
una preciosa entrada de autos
esperando un Peugeot.

[...]

Y las gentes de las casitas
se sonríen y se visitan.
Van juntitos al supermarket
y todos tienen un televisor.

 

Les petites maisons des hauts quartiers

avec grilles et pré-jardin

une belle entrée de voiture

attendant une Peugeot

[...]

Et les gens des hauts quartiers

Se sourient et se visitent

Vont ensemble au super marché

et possèdent tous une télévion.

 

 

 


 

 

Mémoire d'un artiste martyre

 

Après le coup d'Etat militaire orchestré par le général Pinochet et le gouvernement américain le 11 septembre 1973, qui voit le bombardement en plein jour du palais présidentiel et le suicide du président élu Savador Allende, Victor Jara est arrêté et torturé à l'Estadio Chile, puis à l'Estadio Nacional avec de nombreux autres sympatisants pro-Allende. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers.

Entre mythe et réalité, dont celle écrite par l'écrivain Miguel Cabezas, témoin occulaire de sa mort, on raconte qu'après l'avoir passé à tabac, les militaires lui auraient tranché les doigts avec une hache, avant de lui intimer l'ordre de chanter. Victor Jara aurait défié les soldats putchistes en se tournant vers les militants détenus avec lui, et en entonnant l'hymne de l'Unité Populaire. Les militaires l'auraient alors exécuté par balles, ainsi que la majorité des militants qui avaient repris son chant en chœur. Nous sommes le 15 septembre 1973..

 

 

Lors de son deuxième enterrement en 2009 (après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973), ce sont plus de 5000 chiliens qui accompagnent sa dépouille à travers la capitale Santiago. Près de 35 ans après sa mort, c'est sous la présidence de Michèle Bachelet que l'artiste martyre accède officiellement au panthéon populaire du peuple chilien, même si dans les coeurs il y était déjà bien installé.

 

L'estadio Chile où fût emprisonné Victor Jara après le coup d'Etat porte aujourd'hui le nom de Estadio Victor Jara.

 

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Hommages internationaux

 

Parmi la longue liste des artistes du monde entier faisant référence à la vie de l'artiste ou reprenant ses chansons, on trouve notamment :

- Le groupe The Clash qui lui rend hommage dans la chanson Washington Bullets.

- Le groupe espagnol Ska-P 

- U2 dans la chanson One Tree Hill

- Jean Ferrat dans la chanson Le bruit des bottes

- Le chanteur belge Jules beaucarne dans Lettre à Kissinger

- La troupe algérienne Debza écrit une chanson intitulée Victor Jara

- Le chanteur québécois Jean-François Lessard lui rend un hommage poignant avec sa chanson Victor.

- Le groupe allemand de deathcore Heaven shall burn lui rend hommage dans leur chanson The Martyrs' Blood

...

Et le français Bernard Lavilliers (sic!), fait également une allusion à Victor Jara dans sa chanson La Samba... (ndlr : sacré Bernard !) 

 

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Extrait de Manifesto (Manifeste), dernière chanson écrite par Victor Jara :

 

Yo no canto por cantar
Ni por tener buena voz
Canto porque la guitarra Tiene sentido y razon,
Tiene corazon de tierra Y alas de palomita,
Es como el agua bendita Santigua glorias y penas,

 

Je ne chante pas juste pour chanter,

ni pour montrer ma belle voix.

Je chante parce que la guitare a du sens, parce qu'elle a raison.

Elle a un coeur de terre et des ailes de colombes,

elle est comme l'eau bénite, qui bénit les gloires et les peines.

 

 

 


 
Quelques liens utiles :
- Présentation du spectacle La Victoria de Victor, créé par la compagnie chilienne La Patriotico Interesante.
- Blog francophone avec plein d'infos sur Victor Jara.
- Tout plein de partitions et paroles de Victor Jara.
Par eldesiertoflorido - Publié dans : Grandes chilenos... y chilenas !
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